TIR: UNE FEUILLE DE ROUTE POUR LA RENTRÉE

2014-06-16

·         L’étude sectorielle validée par la profession

·         Le contrat-programme 2014-2020 signé en octobre

·         La mise à niveau coûterait 206 millions de dirhams 

Le cabinet international Advanced Logistics Group chargée de réaliser une étude sur le transport international routier (TIR) vient de rendre son diagnostic final et de proposer un plan d’action pour la mise à niveau du secteur.

La stratégie de réforme du TIR a pris beaucoup de retard que les professionnels justifient par les différents changements à la tête de leur ministère de tutelle et à la complexité des problématiques étudiées. Une nouvelle réunion a eu lieu au siège du ministère du Transport, jeudi 12 juin, pour décliner les conclusions de l’étude en contrat-programme 2014-2020. La profession a proposé de recadrer ou de préciser certaines recommandations et identifier les instances concernées par chaque mesure. De plus, ils ont réclamé la fixation d’un échéancier pour la réalisation des dispositions de la feuille de route. Les professionnels estiment que le contrat-programme devrait être finalisé d’ici octobre.

Les experts du cabinet Advanced Logistics Group proposent un plan d’action en 3 axes déclinés en 27 mesures. Certaines ne nécessitent pas de budget, mais il faudra mobiliser 206 millions de dirhams pour financer, entre autres, l’amélioration des infrastructures d’inspection dans le port Tanger
Med, l’externalisation de la production, l’implantation d’un tunnel froid au Maroc.

L’étude relève les différents points forts du secteur du TIR tels que la structure favorable des coûts, le développement des plateformes logistiques, l’intégration du pays dans l’espace européen et le potentiel des flux aussi bien maghrébins que subsahariens. Le travail du cabinet identifie les nombreuses faiblesses du secteur. Les entreprises nationales sont de petite taille et donc incapables de rivaliser avec la concurrence européenne. Les opérateurs nationaux éprouvent beaucoup de difficultés pour se frayer une place dans le marché européen. Les obstacles sont nombreux. Le premier concerne les difficultés pour les chauffeurs d’obtenir les visas. De plus, les nationaux sont toujours confrontés à l’obligation d’obtenir des autorisations bilatérales pour chaque pays avant de se rendre en Europe. «Nous demandons au gouvernement d’entamer des négociations avec la Commission européenne afin d’instaurer une autorisation communautaire unique et de permettre aux transporteurs marocains, à l’image de leurs homologues européens, de pouvoir acheminer des marchandises à partir d’un pays d’Europe vers une autre direction européenne. Cela aura un impact considérable sur le secteur», explique Jamal Hadi, manager de Marcotran Maroc.

La multiplicité des intervenants (douane, police, services de lutte contre la fraude, ministère du Commerce;) dans les ports constitue un boulet pour les opérateurs. «Le gouvernement devrait adopter le principe de communauté portuaire pour faciliter le travail des professionnels du transport international routier», suggère Driss El Bernoussi, président de l’Association marocaine du transport international (Amtri Nord) et PDG de Cap Inter.

L’autre point faible du secteur concerne le manque d’équilibre au niveau des flux ainsi que leur saisonnalité. Ce qui fragilise la situation financière des entreprises du secteur. Par ailleurs, les chauffeurs sont confrontés à des problèmes d’émigration clandestine et de trafic de stupéfiants. Chaque fois qu’un contrôle débouche sur la présence d’une charge de drogues ou la présence d’un candidat à l’immigration, le conducteur est arrêté et son véhicule est envoyé en fourrière même en cas de non responsabilité. Plusieurs associations sectorielles, affiliées à la CGEM et opérant à Tanger Med, ont d’ailleurs déclenché une grève, le jeudi 5 juin, pour réclamer un amendement du code pénal. L’objectif étant de revoir la délimitation des responsabilités des intervenants.

Le gasoil professionnel, encore et encore

Les opérateurs du transport de manière générale défendent auprès du gouvernement un train de mesures fiscales dans le cadre du projet de loi de Finances 2015. Parmi celles-ci figurent l’adoption du gasoil professionnel. Bien que le principe existe dans d’autres pays d’Europe, l’idée est rejetée par le gouvernement qui y voit une nouvelle forme de compensation. Les transporteurs réclament la possibilité de récupérer environ 50% de la taxe intérieure à la consommation, qui est actuellement d’environ de 2,20 dirhams le litre. Mais, il y a très peu de chances que cette requête soit acceptée. C’est la raison pour laquelle les opérateurs misent plus sur l’augmentation du taux de TVA à 20% contre 10% actuellement. A la faveur de ce réaménagement, les transporteurs pourront récupérer 10% de la taxe et donc réduire l’impact de la hausse du carburant. Selon un opérateur, le ministère des Finances serait favorable, mais il faudra encore effectuer des simulations pour évaluer l’impact de cette mesure avant de l’intégrer dans le projet de loi de Finances 2015.

 

Source: Le Economiste. Édition N° 4298 du 2014/06/16

http://www.leconomiste.com/article/955200-tir-une-feuille-de-route-pour-...